Avant-propos 2025 : Reconnaître l’Année internationale de la préservation des glaciers

 

Par Lael Parrott, Zac Robinson, et David Hik

Le Club alpin du Canada publie depuis 2018 son Rapport sur l’état des montagnes annuel, qui inclut des faits saillants courts et informatifs qui résument les perspectives environnementales, sociétales, culturelles et autochtones sur les changements les plus importants qui se produisent dans les montagnes canadiennes. .

Des 80 articles publiés au cours de ces sept dernières années, environ le quart concerne certains aspects de la cryosphère canadienne. La cryosphère concerne des régions qui comportent de l’eau sous une de ses formes gelées : de la glace à la neige, des glaciers au pergélisol et tout ce qui se trouve entre eux. Ces caractéristiques gelées du paysage subissent les impacts de la montée des températures mondiales, et leur dégel et leur fonte entraînent des conséquences généralement négatives sur les gens, les économies et les écosystèmes.

Photo: Christopher Candela

2025 aura été l’Année internationale de la préservation des glaciers (AIPG) des Nations Unies. Les activités menées à travers le monde ont visé à favoriser la collaboration, promouvoir la recherche, améliorer l’accès aux données, et sensibiliser et atténuer les effets du recul des glaciers causé par le changement climatique. Ces initiatives sont essentielles à la protection des glaciers pour les générations présentes et futures. Les événements tenus au pays au cours de l’année célèbrent à la fois la beauté spectaculaire de nos sites glaciaires et constituent un appel à l’action pour reconnaître les conséquences que leur disparition aura, et a déjà, sur la vie des Canadiens à travers le pays. D’après le Comité national canadien de l’AIPG (https://www.unglacieryear.ca), l’objectif de la « préservation des glaciers » n’est pas seulement de « sauver les glaciers [mais] de reconnaître l’importance de l’eau sous toutes ses formes gelées, en utilisant les glaciers comme symbole du changement à venir. »

Eyebrow Peak,Purcell Mountains, 2015. Photo: Zac Robinson.

Pic Eyebrow, montagnes Purcell, 2015. Photo : Zac Robinson.

En dehors des régions polaires, le Canada est le pays le plus englacé au monde, avec plus de 200 000 kilomètres carrés de glace glaciaire. Mais cette glace disparaît rapidement. Entre 1985 et 2020, on estime que 1 141 glaciers ont disparu en C.-B. et en Alberta (un déclin de 8%), et la perte de superficie glaciaire s’est considérablement accélérée cette décennie. En fait, des projections récentes montrent que la plupart des glaciers de l’ouest du Canada disparaîtront d’ici 2100, en perdant de 74 à 98% de leur volume. Ce processus implique un recul rapide, un amincissement accru et une « spirale mortelle » où des facteurs tels que la suie provenant des feux de forêt assombrissent la glace, absorbant davantage de rayonnement solaire et accélérant la fonte. La perte des glaciers affecte les ressources en eau et les écosystèmes, et peut accroître les risques de glissement de terrain et les inondations par rupture de lac.

L’AIPG a souligné le besoin d’une surveillance permanente pour documenter les changements de hauteur, de largeur et de fonte des glaciers, afin de mieux comprendre et communiquer les impacts de ces changements. Simultanément, le développement de meilleurs modèles climatiques incorporant des processus physiques comme l’assombrissement de la glace contribuera à améliorer les prévisions concernant la fonte future des glaciers.

Par son Rapport sur l’état des montagnes, le Club alpin du Canada continuera de sensibiliser aux changements qui ont cours dans les montagnes canadiennes. Ce rassemblement d’articles issus des éditions précédentes met en valeur l’expertise des chercheurs canadiens, ainsi que des gens et des communautés qui habitent les endroits montagneux.

De gauche à droite : David Hik, Lael Parrott et Zac Robinson – 2018. Photo: Mary Sanseverino

Le Rapport sur l’état des montagnes est édité en collaboration par Lael Parrott, Zac Robinson et David Hik, membres de longue date du Club. Parrott est une géographe environnementaliste à l’University of British Columbia, Robinson est historien à l’University of Alberta, et Hik est un écologiste de la Simon Fraser University et scientifique en chef à Savoir polaire Canada. Tous fellows de la Société géographique royale du Canada, l’équipe se dévoue à la littératie géographique et l’amélioration des populations, des places et des pratiques montagnardes.

 
ACCglaciers, IYGP